Le ciel se dégage pour Airbus, qui profite de la crise du Boeing 737 MAX

 Le ciel se dégage pour Airbus, qui profite de la crise du Boeing 737 MAX

Via lemonde.fr

Premier vol de l'A320 Neo d’Airbus à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le 25 septembre 2014.
Premier vol de l’A320 Neo d’Airbus à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le 25 septembre 2014. AKSARAN/GAMMA-RAPHO

Onze mois déjà que le moyen-courrier 737 MAX de Boeing est cloué au sol après deux crashes qui ont causé la mort de 346 passagers et membres d’équipages. Cette crise sans précédent peut-elle conduire le constructeur américain à la faillite ? C’est la grande crainte de tous les acteurs de l’aéronautique qui espèrent que l’avion reprenne les airs le plus rapidement possible. Il faut dire que les 4 932 avions en commande sont une nécessité vitale pour les fournisseurs comme pour les compagnies aériennes. Même Airbus tient à ce que ce très rentable duopole perdure. D’autant que l’avionneur européen, dont les usines tournent au maximum pour produire les 6 800 appareils de la famille A320 en commande, ne peut absolument pas reprendre tout ou partie de la production de son rival.

En moins d’un an, la crise du MAX a viré à la catastrophe industrielle et totalement rebattu les cartes de secteur. En 2019, les courbes des ventes des deux avionneurs se sont croisées, l’européen passant devant. Pour Boeing, la chute est sévère. Avec seulement 345 livraisons l’an passé, il est loin de son record de 2018 quand il avait livré 806 avions. Corollaire de cette débâcle industrielle, son chiffre d’affaires a plongé de 25 milliards de dollars (23 milliards d’euros) en 2019, à 75 milliards et son bénéfice a fondu, passant de 10 milliards de dollars à une perte de 636 millions de dollars. Et les ennuis de Boeing sont loin d’être terminés. Au printemps, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait autoriser l’Union européenne à infliger d’importantes sanctions commerciales aux exportations américaines pour condamner les 18 milliards de crédits d’impôts, assimilables à des subventions, dont a bénéficié l’avionneur de Seattle, Etat de Washington.

Airbus, au contraire a pris le large. L’an passé, il a livré 863 appareils. Le meilleur résultat de toute son histoire. Une performance masquée par la perte annuelle de 1,36 milliard d’euros annoncée jeudi 13 février, les comptes 2019 ayant été plombés par des amendes dans une affaire de corruption et une nouvelle charge sur le programme d’avion de transport militaire A400M.

Lire aussi Crise du 737 MAX : le spectaculaire décrochage de Boeing face à Airbus

Les usines du MAX à l’arrêt

« Nous détenons 70 % de parts de marché. C’est un constat dans une année 2019 qui ne reflète pas le futur », pointe sobrement Bob Lange, responsable des analyses et des prévisions de marché d’Airbus. D’ici à 2022, l’écart va encore se creuser. L’avionneur va de nouveau accélérer son rythme de production. « Notre principal objectif est de respecter les montées en cadence pour être à la hauteur des attentes de nos clients », ajoute M. Lange. En pratique, le groupe doit sortir chaque mois soixante A320 cette année puis soixante-trois en 2021.

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